Système d’indices de productivité individuels de la Société des services agricoles

L’indice de productivité individuel (IPI) de la Société des services agricoles est un outil fiable permettant de déterminer la couverture d’assurance individualisée pour chaque culture. Cet indice vise à établir des rendements probables qui sont fondés sur les données historiques de rendement d’un producteur individuel et ils permettent de stabiliser la variabilité annuelle.

Figure 1 : Indice de productivité individuel (IPI) moyen par township – canola (2017)

L’indice de chaque producteur est appliqué au rendement probable de la région à risques afin d’établir le rendement probable individualisé sur lequel est basé la couverture d’assurance du programme Agri-protection. Chaque année, les rendements individuels sont comparés au rendement moyen obtenu pour la même culture dans un sol de même classe de la même région à risques (la même zone de sols).

Cette comparaison permet d’obtenir un indice annuel. Par exemple, un indice annuel de 1,1 signifie que la culture du producteur a eu un rendement de 10 % de plus que la moyenne de la zone de sols cette année-là. La comparaison du rendement de chaque producteur avec celui des autres producteurs de la même zone de sols permet d’avoir une idée de la performance individuelle. À l’échelle d’une région à risques, il existe, pour chaque producteur dont l’indice annuel est supérieur à 1, un autre producteur dont l’indice annuel est inférieur à 1. On calcule les indices annuels moyens de productivité d’un producteur sur une période de dix ans afin d’obtenir l’indice de productivité individuel du producteur pour la culture.

Le système d’indice de productivité individuel intègre un certain nombre de fonctionnalités de stabilisation qui sont conçues pour tenir compte des événements anormaux :

  1. L’indice annuel de productivité d’un producteur ne peut pas être inférieur à 70 % ou supérieur à 130 % de son indice de productivité individuel établi. Cela ne limite pas le niveau absolu auquel son indice de productivité individuel peut s’élever, mais limite le montant dû pour une année donnée.
  2. Les pertes attribuables à la grêle, aux dommages causés par une tierce partie et à la faune sont exclues du calcul de l’indice de productivité individuel.
  3. Les corrections apportées pour les zones de sols ont un effet stabilisateur, car les rendements sur de grandes surfaces varient généralement moins que les rendements individuels.

Il est important de garder à l’esprit que, quelle que soit la manière dont l’indice de productivité individuel est calculé, le rendement moyen général de la région à risques reste le même. Si l’indice de productivité individuel corrige certains rendements à la hausse, d’autres rendements doivent être corrigés à la baisse. En fin de compte, il importe peu que le rendement moyen d’un producteur soit supérieur ou inférieur à la moyenne de la région, car au fil du temps, les rendements calculés à partir de l’indice de productivité individuel se rapprocheront du rendement moyen sur dix ans du producteur.

Idées fausses courantes concernant le système des indices de productivité individuel

La taille a-t-elle de l’importance… ou pas?

Les producteurs ont souvent tendance à penser que certaines régions à risques sont tellement grandes qu’elles faussent les calculs de l’indice. La superficie de la région n’influence aucunement l’indice. Si l’indice est fondé sur une région plus petite (p. ex. un township), le rendement moyen aura aussi été basé sur cette petite région (le township). Cela signifie que le producteur obtiendra en fin de compte un indice proche de sa moyenne sur 10 ans pour la région, quelle que soit la taille de la région utilisée pour la comparaison.

Capacité d’adaptation au changement

Aussi bien le système de garantie individuelle que celui des indices de productivité individuels utilisent un mécanisme de traitement accéléré, c’est‑à‑dire que si une culture a été produite pendant moins de cinq ans, l’indice est calculé graduellement en utilisant le rendement du producteur et le rendement moyen de la région.

Pour chaque année-récolte, on utilise 20 % du rendement du producteur. On multiplie ensuite l’indice de productivité individuel du producteur par le rendement moyen sur dix ans attribué à la zone de sols pour obtenir le rendement probable du producteur pour l’année en cours. Si l’un des avantages du système d’indice de productivité individuel réside dans sa fonction tampon, il est également vrai que sa réactivité est lente par rapport au système de garantie individuelle qui consiste en une simple moyenne des rendements du producteur. Le système de garantie individuelle est utilisé pour des cultures telles que le soja, le maïs-grain et les légumes.

Figure 2 : Indice de productivité individuel (IPI) moyen par township – blé roux de printemps (2017)

Mais je n’ai pas assuré cette culture…

Les producteurs assurés sont souvent surpris de constater qu’on calcule quand même l’indice de productivité individuel pour une utilisation future, même lorsqu’ils décident de ne plus assurer une culture. Chaque année où un producteur assuré produit une culture visée par un indice de productivité individuel compte pour le calcul de l’indice annuel, que le producteur ait choisi ou non d’assurer cette culture pour l’année en question.

L’indice de productivité individuel est faussé lors des années marquées par plusieurs catastrophes…

La garantie peut être corrigée à la hausse même en cas de catastrophes touchant toute la région, à condition que le rendement du producteur soit supérieur au rendement moyen de la zone de sols. Ce système individualise la garantie d’un producteur, tout en amortissant les années de pertes anormales.

L’indice de productivité individuel est stabilisé pour les rendements supérieurs et inférieurs à la moyenne…

Le système fonctionne de manière à obtenir le même rendement moyen dans une région, pour tous les producteurs d’une même zone de sols. L’attribution d’indices plus élevés à certains producteurs et d’indices plus faibles à d’autres producteurs aboutira finalement au même rendement moyen de la région.

Le rendement d’un producteur, comparé à celui de ses voisins sur le même genre de sol et dans la même région, est influencé par de nombreuses pratiques de gestion particulières et par des facteurs microclimatiques. Les régions à risques sont caractérisées par une topographie et des influences climatiques à long terme qui sont similaires. Peu de tendances se dégagent de la comparaison des indices de productivité individuels moyens des cultures entre les régions à risques. Les cartes indiquant l’indice de productivité individuel moyen par township pour le canola et le blé roux de printemps montrent que les townships ayant un indice plus élevé peuvent côtoyer des townships dont l’indice est inférieur à la moyenne.

Ces cartes permettent aux producteurs de comparer leur indice de productivité individuel à la moyenne de leurs voisins du même township et de voir comment leur rendement historique se compare à celui des autres.

Par exemple, un producteur ayant un indice de 0,9 dans un township où l’indice moyen est de 0,7 pourrait être considéré comme un meilleur producteur que ses voisins. Cependant, si l’on se base sur les régions à risques, un indice de 0,9 serait considéré comme inférieur à la moyenne. De plus, un producteur ayant un indice de 1,1 dans un township où l’indice moyen est de 1,3 pourrait être considéré comme ayant un rendement inférieur à ses voisins. Cependant, si l’on se base sur les régions à risques, un indice de 1,1 serait considéré comme supérieur à la moyenne.

Bien que le système d’indice de productivité individuel rende fidèlement compte des données historiques de rendement d’un producteur, il peut être difficile d’en comprendre tous les détails.